Actu - Urbanisme & environnement

Fernelmont Villages et Patrimoine ASBL

 

Permis d'urbanisme

& environnement

13 mars 2018 & 8 mai 2018

En réponse aux enquêtes publiques de la demande de permis à Franc-Warêt concernant :

1) la construction d'une étable de 220 bovins et 125 veaux

2) la constuction d'une maison habitation pour l'exploitant

3) le forage d'un puit en vue de l'utilisation de prise d'eau

4) la suppresion d'une partie du chemin communal,

l'Asbl FVP a envoyé ces courriers au collège des bourgmestre et échevins.

 

 

Monsieur Nihoul, bourgmestre de Fernelmont

Mesdames et messieurs les échevins

 

 

 

 

 

Fernelmont, le 13 mars 2018

 

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Conc. : Consultation publique de construction d’une exploitation agricole à Franc-Warêt

 

 

Exploitation agricole, ferme industrielle, élevage productiviste

 

1.Etude d’Incidences Environnementales (EIE) obligatoire à partir de 500 têtes de bovins

 

Seulement 345 bovins sont annoncés sur le site, mais l’élevage actuel du promoteur en compte déjà 499. Si le présent projet aboutit, le nombre total de bovins atteindra pour son promoteur un cheptel de 844 bêtes.

 

Or, à l’examen de dossier déposé à l’administration communale, une extension du projet est déjà bien prévue. En effet, la superficie du terrain soumis à enquête publique dépasse la superficie définie par l’objet de la demande actuelle sans toutefois atteindre la limite des parcelles contiguës acquises.

 

Cette délimitation propre à l’enquête publique laisse-t-elle présager l’extension du volume principal au-delà du chemin en demande de suppression ?

 

La superficie définie par le demandeur lui-même sur son extrait cadastral double le projet sans toutefois que l’EIE lui soit imposée alors même que le nombre de bovins résidant en un même lieu dépasserait, à lui seul 500 têtes.

 

Au vu des chiffres annoncés : soit 499 pour ne pas atteindre 500 et 345 pour taire 690 après extension, il apparait qu’une tentative d’évitement de l’EIE est perceptible dans l’ensemble du dossier.

 

2.Incompatibilité d’une exploitation industrielle avec l’habitat

 

En ce qui concerne le patrimoine architectural et paysager, se référer aux courriers déposés par des riverains à l’administration communale.

 

De plus, l’habitabilité de la zone agricole est suffisamment mise en cause par les agriculteurs eux-mêmes qui suggèrent aux locaux mécontents d’aller habiter ailleurs. Faut-il déserter le village pour accroître la production de nourriture carnée (potentiellement nocive) des humains enclins à consommer de moins en moins de viande comme conseillé par le monde médical ?

 

Par ailleurs, le transport de bovins sur de longues distances et l’entreposage de ces bêtes issues d’élevages différents nécessitent des traitements médicamenteux spécifiques forcément présents dans les déchets organiques du site. La présence d’une maternité intégrée aux bâtiments suggère des moments d’élevage et d’engraissement. Ceci participe à l’idée que cette ferme industrielle ne sera pas qu’un lieu de transit.

 

Outre les traitements médicamenteux il y aura aussi la nourriture d’engraissement qui affectera le biotope du sol : maïs et soja transgéniques achetés par l’UE au Brésil et en Argentine.

De plus, le schéma d’évacuation des eaux présenté dans l’annexe 5 est différent de celui qui apparait au plan : il relie, au réseau d’eau de pluie, la fosse fumière et les fosses d’eaux brunes (le purin) vers les drains dispersifs.

 

Dès lors, les déchets organiques répandus sur les prairies, sur les terres de culture et dispersés dans le sol pollueront les nappes phréatiques dont la potabilisation n’est pas à la charge du pollueur mais bien à celle du contribuable.

 

A prendre en compte encore, la pollution de l’air : le nombre de camions détenus par Sobemax et la capacité de ces camions en nombre de têtes de bovins donnent à penser que le trajet Fernelmont –Ciney évoqué par le promoteur du projet masque des voyages beaucoup plus longs tant pour amener les bêtes à Franc-Warêt que pour les emmener ailleurs. Dès lors, les gaz d’échappement des camions additionnés aux gaz organiques des bovins lourdement chargés en CO2 atteindront des quantités non négligeables.

 

Lors du dernier sommet de Paris en 2017, il a été calculé que les quantités de CO2 dégagées par l’élevage étaient de loin supérieures à celles dégagées par l’ensemble des autres activités humaines.

 

On ne peut nier que l'agriculture et l’élevage productivistes soient une dérive, ne servent plus la population qui les accueille, s'imposent à elle et utilisent le territoire (air, eau, sol) comme déversoir de leurs déchets et de leurs polluants au point d'être incompatibles avec l'habitabilité d'une région.

 

3.Incompatibilité d’une exploitation industrielle avec la ZAE

 

Emmenées par les vents dominants S/S-O, les odeurs dues aux 345 voire 690 bovins impacteront l’activité économique du zoning.

 

Ces nuisances olfactives seraient-elles compatibles avec les activités agroalimentaires et pharmaceutiques de la ZAE ?

 

4.Modification de l’assiette de la voirie

 

La suppression d'une partie du chemin n°2, ne trouve pas d'utilité suffisante dans la motivation du dossier.

 

Le couloir écologique constitué par le talus de l'autoroute devrait y trouver une précieuse amorce depuis la voirie de Tillier vers le haut du village de Franc-Warêt.

 

Il longe le parcellaire de l'ancien chemin vicinal dont la configuration linéaire ne peut laisser indifférent quant au potentiel qu'il représente en terme de mobilité douce de continuité inter-village, de trame verte, de couloir écologique à revaloriser.

 

La suppression du chemin, n'a aucune utilité par rapport au projet tel que présenté si ce n'est que l'éventualité ultérieure d'agrandir l'exploitation vers la parcelle A58C2.

 

La suppression de voirie n'a pas de motivation suffisamment fondée dans la configuration proposée actuellement, la parcelle A58C2 ne faisant pas partie de l'objet de la demande.

 

 

5.Tromperie inacceptable en milieu rural

 

De nombreuses familles vivaient ici depuis quelques générations en toute complémentarité avec une agriculture nourricière et respectueuse de l'humain et de l'environnement. Ces gens doivent-ils, à présent, céder la place à une agriculture qui s'impose au territoire sans considération pour ce qui l'entoure?

 

Il y a une différence entre les fermes qui avaient réellement l'intention de nourrir les gens et les fermes qui spéculent sur la nourriture dans le déni du bien commun: eau, sol, terre, paysage, biodiversité.

 

Pourquoi doit-on accepter de subir? Il revient à chacun de choisir ce qu'il met dans son assiette, bon nombre de personnes ont cessé de confier leur santé aux agriculteurs non scrupuleux et à l'attirail de pseudo-contrôleurs qu’on agite pour nous mettre en confiance; l'Afsca, par exemple, affirme n'avoir les moyens de ne passer dans les fermes que tous les 8 à 12 ans.

 

L'état de notre environnement et l'état de santé des riverains indiquent qu'il est urgent d'arrêter les dégâts, d’arrêter de rendre l'eau moins inconsommable et de cesser de rendre l'air plus irrespirable. Et bien non merci on n'en veut pas de ces usines à viande qui nous coûtent cher et qui trouveront tout aussi bien leur place chez d'autres pigeons-payeurs.

 

Le demandeur a choisi d'éviter la présentation du projet au public. Une réunion d'information est requise à partir de 500 T, mais la répartition suivante des chiffres a été malhonnêtement proposée : 499 T + 345 T + … T afin d’échapper au prescrit légal.

 

Manifestement, l'échange constructif et la transparence ne sont pas des options qui ont été retenues.

 

 

Isolde Op de Beeck

Présidente Asbl FVP